Assemblée nationale de RDC : au perchoir, Jeannine Mabunda Lioko Spécial

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Elle est la deuxième femme à diriger l’Assemblée nationale de RDC. Dans le sillage de Philomène Omatuku Atshakawo Akatshi qui avait dirigé l’institution pendant six mois en 2003, Jeanine Mabunda Lioko été élu ce 24 avril au perchoir d’une Assemblée nationale dominée par la coalition de Joseph Kabila Kabange.

Seule candidate en lice issue des rangs du PPRD (ex-parti au pouvoir), elle prend les rênes de l’hémicycle en pleine mise en place des institutions à la suite de l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi. Sa nomination devrait d’ailleurs accélérer ce mouvement.

Tout ce qu'elle risquait, c'est d'être élue et bien élue. En raflant 375 voix sur les 383 députés-votants, Jeannine Mabunda Lioko Mudiayi s'adjuge le perchoir de l'Assemblée nationale, installée sous les couleurs de l'alliance scellée entre le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila et le Cap pour le changement (Cach) de Félix Tshisekedi. Et le boulevard était ouvert pour la seule candidate en lice.

La veille du vote, le rêve d'Henri-Thomas Lokondo, un candidat indépendant dissident du FCC, avait été retoqué lorsqu'un député avait déposé une motion pour l'écarter du scrutin pour le contraindre à se désister de lui-même.

Une manœuvre destinée à ne pas fâcher les nouveaux alliés qui se sont déjà rencontrés pour le partage des postes dans le bureau de l'Assemblée et les consignes de vote en faveur des personnalités choisies. Dans le pacte des alliés, Jean Marc Kabund A Kabund devient le vice-président derrière la nouvelle présidente. Mais qui est donc Jeannine Mabunda?

Jeannine Mabunda, femme souriante, femme de poigne

A 54 ans, cette juriste formée au commerce international en Belgique était jusque-là la conseillère du président Joseph Kabila sur toutes les questions liées aux violences faites aux femmes et à la lutte contre l'enrôlement des enfants soldats. Originaire de la province de l'Equateur, cette ancienne cadre de la CitiBank Congo puis de la Banque centrale, est une habituée des ors de la République. Ses cinq années passés à l'Administration générale déléguée du Fonds de promotion industrielle (FPI) ont suffisamment convaincu Joseph Kabila d'en faire sa ministre du Portefeuille de l'État, chargée entre autres de la réforme des entreprises publiques.

Sous ses dehors souriants, elle est décrite comme une femme de poigne mais silencieuse. Fidèle de Joseph Kabila dont elle a rejoint le parti, Jeannine Mabunda arrive au perchoir à un moment charnière pour l'histoire de l'institution qu'elle préside. Pour la première fois, le parti au pouvoir -dont elle est issue- devra composer avec une majorité entre les mains de l'opposition. Nul besoin qu'on lui rappelle qu'il lui faudra tous les talents de conciliatrice pour préserver l'équilibre des débats et prévenir les éventuelles tensions lors des séances à l'Assemblée nationale.

Troisième personnalité de l'Etat, l'installation de Jeannine Mabunda donne le top départ de la mise en place des institutions et devrait même accélérer l'installation des autres. Trois mois après son arrivée au pouvoir, le retard dans l'installation de la Chambre basse avait empêché la formation du premier gouvernement post-Joseph Kabila et la nomination d'un Premier ministre. La désignation de Jeannine Mabunda comme candidate du FCC-CACH devrait décanter la situation.

Lu 4690 fois Dernière modification le Dernière modification le avril 26 2019

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