La zone de libre-échange continentale bientôt effective

Évaluer cet élément
(0 Votes)

« La postérité se souviendra de cette journée », a écrit sur Twitter l'ex-président de la Banque africaine de développement Donald Kaberuka. L'ancien secrétaire exécutif de la Commission des Nations unies pour l'Afrique, l'Uneca, Carlos Lopes, très optimiste, a écrit : « L'Afrique a réussi. » En fin connaisseur de ce type d'accord, l'homme a affirmé qu'il fallait au moins un an pour qu'un tel accord commercial soit opérationnel, pour lui, il s'agit bien d'« un record absolu ».

 

Une étape majeure

En effet, mardi 2 avril dernier, la Gambie est devenue le 22e pays à ratifier l'accord de création de la zone de libre-échange continentale (Zlec). Soit le seuil minimum conclu entre les 55 États membres de l'Union africaine. C'est Albert Muchanga, commissaire de l'UA en charge du commerce et de l'industrie, qui en a fait l'annonce sur le réseau social Twitter. « Le travail sur les concessions tarifaires, les paiements et règlements, les barrières non tarifaires et l'information commerciale sont les autres étapes qui progressent très bien pour le lancement de la Zlec. »

Pour exemple, il a fallu sept ans pour négocier l'accord entre l'Union européenne et le Canada, dit Ceta. Dans tous les cas, cette initiative constitue un grand pas en avant pour la zone de libre-échange continentale africaine, créée en mars dernier au Rwanda. L'accord commercial doit devenir opérationnel dans un délai d'un mois après que le nombre requis d'avenants aura été déposé auprès du bureau du président de l'UA.

 

Encore quelques embûches

Une fois en place, la Zlec couvrira un marché de 1,2 milliard de personnes et un produit intérieur brut combiné de 2,5 milliards de dollars, ce qui en fera la plus grande zone de libre-échange au monde depuis la création de l'Organisation mondiale du commerce, il y a sept décennies. Les dirigeants africains espèrent que l'accord éliminera les droits de douane élevés actuels, générera des emplois pour une main-d'œuvre jeune en croissance rapide et harmonisera le travail des communautés économiques régionales déjà existantes. Cela pourrait également accroître le commerce intra-africain de 52,3 % par an, selon la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA).

La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement prédit également que la réduction des droits de douane intra-africains – l'une des conditions de la Zlec – pourrait générer des gains de 3,6 milliards de dollars sur le continent grâce à une augmentation de la production et à des biens meilleur marché.

Mais certains pays, tels que le Bénin, l'Érythrée et le Nigeria, n'ont pas encore porté leur signature à l'accord de création de la zone. Parmi les raisons évoquées : les pressions exercées par les syndicats et les entreprises. En plus, il faut savoir que, pour l'instant, seuls 15 des 22 pays qui ont ratifié l'accord ont également soumis leurs documents de ratification au siège de l'UA à Addis-Abeba.

Lu 14111 fois

Recent Twitter Posts

 

A propos de Africa Times Magazine

Élément de communication tourné vers l’extérieur, AFRICA TIMES MAGAZINE est un bimestriel généraliste qui traite donc de tous les sujets brûlants de l’actualité en Afrique et dans le
monde » ; C’est un magazine qui revendique un rôle éducatif, ludique et social.
AFRICA TIMES , c’est votre magazine qui tentera de vous communiquer des analyses pointues de différents experts multi-sectoriels.

Plus de détails